Le Plomb dans l’eau potable : Comment s’en protéger ?
Si la qualité de l’eau à la sortie des usines de traitement est aujourd’hui exemplaire, un danger invisible peut subsister jusqu’à votre robinet : le plomb. Responsable de pathologies graves regroupées sous le nom de saturnisme, ce métal lourd fait l’objet d’une surveillance stricte.
Comment savoir si votre eau contient du plomb ? Quels sont les risques pour votre famille et comment y remédier ? Ce guide complet vous apporte toutes les réponses.
1. D’où vient le plomb dans notre eau ?
Contrairement à d’autres polluants, le plomb se retrouve rarement dans les nappes phréatiques. Sa présence dans l’eau de consommation est presque toujours liée à la corrosion des infrastructures de transport :
- Les branchements publics : Bien que la plupart aient été remplacés par les collectivités, certains anciens raccords peuvent encore subsister.
- Les canalisations intérieures : Dans les immeubles et maisons construits avant 1995, le plomb était couramment utilisé pour la tuyauterie.
- Les soudures et accessoires : Certaines soudures à l’étain ou des robinetteries de basse qualité peuvent libérer de faibles quantités de plomb.
2. Les risques pour la santé : Le Saturnisme
Le plomb est un toxique dit « cumulatif ». Il se stocke dans l’organisme (notamment dans les os) et ses effets sont particulièrement redoutables pour les populations vulnérables :
- Chez les enfants et fœtus : Le plomb altère le développement du système nerveux, entraînant des troubles de l’apprentissage, une baisse du quotient intellectuel (QI) et des troubles du comportement.
- Chez l’adulte : Une exposition prolongée peut provoquer de l’hypertension artérielle, des troubles rénaux et des risques de maladies cardiovasculaires.
C’est pour ces raisons que le saturnisme infantile est une maladie à déclaration obligatoire en France.
3. Quelle est la norme actuelle ?
Depuis le 25 décembre 2013, la limite maximale autorisée pour le plomb dans l’eau destinée à la consommation humaine est de 10 microgrammes par litre (10 µg/l).
Auparavant fixée à 25 µg/l, cette réduction drastique vise à limiter l’exposition globale de la population, sachant que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelle qu’il n’existe pas de seuil d’exposition au plomb qui soit considéré comme totalement sans danger.
4. Comment savoir si vous avez des canalisations en plomb ?
Si vous résidez dans un logement construit avant 1995, voici quelques indices pour identifier le plomb :
- L’aspect visuel : Les tuyaux en plomb sont de couleur gris mat, ils sont malléables (on peut les rayer avec l’ongle) et présentent des formes arrondies au niveau des soudures.
- Le test de l’aimant : Le plomb n’est pas magnétique (l’aimant ne colle pas), contrairement à l’acier.
- L’analyse d’eau : C’est la seule méthode fiable. Vous pouvez demander un kit d’analyse à un laboratoire accrédité. Le prélèvement doit souvent être fait « au premier jet » le matin pour mesurer la concentration maximale après stagnation.
5. Solutions et bons réflexes au quotidien
Les solutions définitives
La seule manière d’éliminer totalement le risque est le remplacement des canalisations en plomb par des matériaux modernes (cuivre, inox, ou multicouche).
Les solutions d’urgence (Filtration)
Si vous ne pouvez pas remplacer les tuyaux immédiatement :
- L’osmose inverse : Très efficace pour retenir les métaux lourds.
- Les filtres sur robinet : Certains filtres spécifiques certifiés « plomb » peuvent réduire la concentration, mais ils demandent un entretien rigoureux.
Les bons réflexes
- Laissez couler l’eau : Si l’eau a stagné plusieurs heures (le matin ou après un week-end), laissez-la couler 1 à 2 minutes avant de la boire.
- Utilisez uniquement l’eau froide : L’eau chaude favorise la dissolution des métaux. N’utilisez jamais l’eau chaude du robinet pour cuisiner ou préparer un biberon.
Conclusion
Le plomb dans l’eau reste un enjeu de santé publique majeur dans l’habitat ancien. Si les pouvoirs publics ont fait leur part sur le réseau de distribution, la responsabilité de la tuyauterie intérieure incombe aux propriétaires. Rester vigilant et tester son eau est une étape essentielle pour garantir la sécurité sanitaire de son foyer.





